Les Jardins de Priape

Chéry-Chartreuve
Agriculture Biologique
France

Les paysans

Nicolas, DEA de philosophie en poche, cherche à vivre dans la nature et à mettre en pratique ses valeurs écologiques. Il trouve des parcelles de terre dans l’Aisne et troque ses livres et ses stylos pour la vie de paysan. Les livres ne le quittent tout de même jamais!
Nathalie, écolo, adhère à ses débuts à l’Amap parisienne livrée par Nicolas. Aphrodite passant par là, elle abandonne ses tailleurs et ses talons aiguille pour les beaux yeux de Nicolas. Elle devient maraichère. Elle s’occupe de toute la paperasse, son ancien boulot lui collant à la peau.
Créé en 2008, sur une surface initiale d’1ha pour approvisionner une AMAP parisienne, les Jardins de Priape sont devenus une ferme à part entière qui compte dans le paysage local de la campagne axonaise.

 

Les labels

AB et Déméter, 2 labels pour garantir au consommateur non seulement que son alimentation sera saine, exempte de pesticides de synthèse, herbicides, insecticides et autre biocides, sans engrais issus de la pétro-agrochimie. Mais aussi pour garantir au consommateur que son achat participera à la sauvegarde de la biodiversité, à l’entretien de la fertilité, à la promotion du vivant, à la protection de la ressource en eau, à la création et au maintien d’emplois non délocalisables, à la pérennité d’une activité éthiquement et écologiquement saine sur un territoire rural.

 

L’élevage et l’agriculture

Depuis ses débuts, la ferme des Jardins de Priape s’est bien agrandie, tout d’abord avec l’arrivée d’un petit élevage de poules pondeuses.
Deux raisons à ce choix : premièrement parce que nous pensons que la diversité des productions est importante tant sur le plan écologique
(plus la diversité des espèces est importante plus résiliente et vivante sera la nature) que sur le plan économique (l’expression « ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier » trouve ici tout son sens).
Mais aussi parce que nous croyons qu’il n’y a pas et qu’il n’y aura pas d’agriculture durable sans présence animale dans les fermes.
Ces dernières sont devenues au fil des générations des exploitations agricoles de plus en plus spécialisées et de moins en moins diversifiées.
Surtout, on a retiré l’élevage de la culture végétale. Pourtant, le maintien de la fertilité des sols et l’autonomie des fermes passent par le maintien de la présence animale.
Le lien entre les deux (la terre, la culture et l’animal, l’élevage) est intime et s’en priver mène à une impasse agronomique et à un non-sens écologique.

 

La biodiversité

Les Jardins de Priape s’étendent aujourd’hui sur une surface totale de 13 hectares, divisée en 3 sites (Chéry-Chartreuve, Mareuil-en-Dôle et Fère-en-Tardenois) pour une surface cultivée d’à peine 10 ha. Plus de trois hectares de la ferme sont des espaces non cultivés, protégés, consacrés à la biodiversité.
Cet aspect est très important pour nous car à l’inverse des monocultures intensives que l’on rencontre de plus en plus, même en agriculture biologique, nous investissons beaucoup sur ces espaces dits « non productifs » en devenant les gardiens protecteurs de la biodiversité du vivant. Les biotopes sont également variés : bois, haies, marre, bandes enherbées. A ce jour nous avons planté prêt d’1 kilomètre de haie, véritable corridor biologique protégeant à la fois des pollutions extérieures, de l’érosion par le vent, de la lixiviation par l’eau et regorgeant de vie, de la bactérie, champignon microscopique au petit mammifère et oiseau en passant par les insectes, les arthropodes et autres vers de terre.
Un autre type de surface « non productive » et pilier de l’agriculture Bio sont ce qu’on appelle les engrais verts, à savoir une plante semée et cultivée non pour la récolter en vue d’une commercialisation mais pour améliorer la terre (on dit : « aggrader ») par divers moyen (décompactage du sol, apport de biomasse, couverture du sol, etc.). Nous cultivons plus de 3 ha d’engrais vert au moins une fois par an. Par ailleurs, nous en laissons une partie sur une durée de 3 ans afin de laisser la temps à la terre de se reposer.
Si nous mettons tant de moyens, de temps et d’énergie pour la culture de ces engrais verts ce n’est pas uniquement par conscience écologique, il faut bien l’avouer, c’est aussi parce qu’il s’agit d’un investissement sur l’avenir. En agriculture biologique nous n’avons pas les leviers pétro-agrochimiques que sont les fertilisants de synthèse et nous devons compter uniquement sur la générosité de la nature. Comme nous produisons de la nourriture, la terre s’appauvrit petit à petit, de manière imperceptible si nous n’entretenons pas la fertilité. En agronomie on appelle cela du doux nom de « fatigue des sols », en fait la terre se meure à petit feu du fait de son exploitation. Et l’un des moyens les plus efficaces de maintenir ce capital vivant qu’est la fertilité est l’utilisation des engrais verts.
On commence à comprendre pourquoi Priape: la fertilité est l’enjeu majeur de l’agriculture de demain. C’est un trésor inestimable que nous devons préserver. Nous faisons notre part. Bien que toujours respectueuses du cahier des charges de l’agriculture biologique, les pratiques agricoles des Jardins de Priape ont bien évolué au cours de ces 13 années d’activité. L’objectif a toujours été d’aller vers d’avantage d’autonomie et d’améliorer sans cesse les vertus écologiques de nos pratiques culturales. « Toujours plus autonome, toujours plus Bio » aurait pu être notre devise.